LA PROCESSIONNAIRE DU PIN

La chenille processionnaire du pin, Thaumetopoea pityocampa, est un des plus grands ravageurs forestiers en France. Se nourrissant d’aiguilles de pins et de cèdres, elle provoque un ralentissement de la croissance de l’arbre mais aussi une vulnérabilité plus forte aux maladies et aux autres ravageurs des forêts. C’est également un problème de santé publique puisque ses poils urticants sont très allergènes et ils peuvent provoquer de violentes réactions chez l’homme mais aussi chez les animaux domestiques ou le bétail.
La mise en place de nichoirs et de gîtes sur des sites régulièrement infestés par la processionnaire du pin contribue à la régulation biologique du ravageur.
CYCLE BIOLOGIQUE DE LA PROCESSIONNAIRE
FICHE D'IDENTITÉ
- Ordre : Lépidoptères
- Famille : Notodontidae
- Genre / Espèce : Thaumetopoea pityocampa
- Nourriture : aiguilles de diverses espèces
(principalement pins et cèdres) - Dimension :
- Chenille : Quelques mm (Stade L1) à 40mm (Stades L4 – L5)
- Papillon : 35 à 40 mm d’envergure
- Couleur :
- Chenille : brun noirâtre avec des tâches rougeâtres
- Papillon : grisâtre

LES DIFFÉRENTS STADES DE DÉVELOPPEMENT

Oeufs : Ils sont déposés en rangées parallèles par 150 à 320 sur les rameaux ou les aiguilles de diverses espèces de pin. L’éclosion a lieu cinq à six semaines après la ponte.

Chenilles : elles murent cinq fois à des dates, variant selon la latitude, l’altitude et la température. Plus on monte vers le nord et en altitude, plus la larve se développe lentement.

Le Nid : En hiver, les chenilles tissent un nid soyeux dans lequel elles passeront la journée. Elles en sortent la nuit pour s’alimenter, se déplaçant en « procession ».

L’adulte : Au bout de plusieurs mois voire plusieurs années passées sous terre, les chrysalides sont transformées en papillons qui sortent de terre.
RÉPARTITION DE LA PROCESSIONNAIRE DU PIN EN FRANCE
Dans les années 90, la Loire, frontière naturelle empêchait le front de la chenille processionnaire de progresser. Mais à partir de cette décennie, le changement climatique a commencé à faire sentir ses effets.
La température moyenne minimale d’octobre à mars a augmenté d’1°C en vingt ans, favorisant l’avancée du front de la processionnaire de 5 kilomètres tous les ans, d’après les chercheurs de l’unité de recherche de Zoologie forestière. Sa nourriture de prédilection, les pins et cèdres, est présente sur tout le territoire français.
Au total, en 20 ans, la chenille a envahi environ 100 000 km² du territoire.

source DSF : « Le front d’expansion de la chenille processionnaire du pin progresse toujours » Juillet 2018.

LES ACTEURS POUR LUTTER CONTRE LES PROCESSIONNAIRES DU PIN
Les Lépidoptères telle que la processionnaire du pin, sont la base de l’alimentation des oiseaux insectivores forestiers et représentent 50 à 70% du régime alimentaire des mésanges Nonnettes, Charbonnières et Bleues.
Période de prédation des oiseaux :
- Printemps : période de reproduction (élevage des jeunes)
- Automne : migration post-nuptiale (abondance maximum)
- Hiver : période d’exposition maximale des chenilles
La mise en place de nichoirs à mésanges et de gîtes à chauve-souris prend alors tout son sens dans la lutte contre la processionnaire du pin.
INSTALLATION DE GÎTES ET NICHOIRS - RÉGULATION NATURELLE

La mésange
Grande consommatrice de chenilles, elle se spécialise localement sur la processionnaire dans les zones infestées. Les jeunes mésanges et les adultes consomment les chenilles de septembre à avril, d’abord entières puis, quand elles sont devenues urticantes, elles leur coupent la tête avec le bec et extraient le tube digestif. Elles font des trous dans les nids d’hiver et les vident pratiquement de leurs chenilles.

La huppe fasciée
C’est un oiseau migrateur, présent en France de mars à septembre. Sa spécialité : les insectes enterrés, qu’elle déterre avec son bec, dans les milieux herbacés ras, les bois ou les plantations. La huppe consomme la chenille au moment de la procession, puis elle nourrit ses jeunes avec la chrysalide en mai-juin, qu’elle frotte préalablement par terre avec son bec.

La chauve-souris
Les chiroptères jouent également leur rôle dans la lutte biologique contre la processionnaire du chêne. Pendant l’été, elles chassent abondamment afin de nourrir leurs petits s’attaquant ainsi au papillon de la processionnaire avant sa période de ponte.
D’autres oiseaux prédateurs tels que le coucou geai et le coucou gris mangent les chenilles processionnaires à leur stade urticant, lors des périodes de reproduction. On rencontre également l’engoulevent d’Europe qui préfèrera se nourrir de la processionnaire au stade de papillon adulte, lors de la période estivale.
