LA PROCESSIONNAIRE DU CHÊNE

La processionnaire du chêne, Thaumetopoea processionea, est un insecte ravageur spécifique des chênes à feuilles caduques. Les chenilles de ce lépidoptère consomment les feuilles des arbres, qu’ils soient isolés ou non, et peuvent occasionner des défoliations importantes surtout visibles de juin à mi-juillet. En général, les chênes sont les seuls arbres attaqués. Toutefois, le charme, le bouleau et d’autres essences de feuillus le sont aussi en cas de fortes pullulations (cas exceptionnels). Ces chenilles sont également à considérer avec attention en espaces forestiers et urbains en raison des urtications provoquées par leurs poils, chez l’homme ainsi que chez les animaux domestiques et sauvages.
La mise en place de nichoirs et de gîtes à chauves-souris sur des sites régulièrement infestés par la processionnaire du chêne contribue à la régulation biologique du ravageur.
CYCLE BIOLOGIQUE DE LA PROCESSIONNAIRE
FICHE D'IDENTITÉ
- Ordre : Lépidoptères
- Famille : Notodontidae
- Genre / Espèce : Thaumetopoea pityocampa
- Nourriture : feuilles de chênes caducifoliés
- Dimension :
- Chenille : jusqu’à 23 mm de long
- Papillon : mâle et femelle présentent un dimorphisme sexuel :
- Femelle : 35 à 40 mm
- Mâle : 25 à 30 mm
- Couleur :
- Chenille : grisâtre en raison des longs poils sur le dos, partie ventrale jaunâtre
- Papillon : grisâtre à marron avec les ailes supérieures plus foncées

LES DIFFÉRENTS STADES DE DÉVELOPPEMENT

Œufs : chez la processionnaire du chêne, ce sont les œufs qui passent l’hiver. Les femelles déposent 30 à 300 œufs sur de fines branches au sommet des arbres, en plaques de quelques centimètres. Au printemps, l’éclosion a lieu avant le débourrement des chênes.

Chenilles : la vie larvaire dure 2 à 3 mois et comporte 6 stades. Leur activité alimentaire est crépusculaire à nocturne. Pendant la journée, elles tissent un cocon léger dans lequel elles se réfugient. Elles deviennent urticantes à partir du 3ème stade larvaire.

Le Nid : À la fin du 5ème stade larvaire, les chenilles tissent un nid plus résistant pouvant atteindre une taille d’1 mètre. Ce nid, plaqué sur les troncs et les branches maîtresses des arbres, contient des tissages individuels renfermant les chrysalides.

L’adulte : 30 à 40 jours plus tard apparaissent les adultes dont le vol nuptial peut durer jusqu’à la mi-août. Le papillon ne se nourrit pas et a une durée de vie de é4 à 48h seulement. Son but principal est la reproduction.
RÉPARTITION DE LA PROCESSIONNAIRE DU CHÊNE EN FRANCE
La processionnaire du chêne est commune en Europe centrale et du Sud (Espagne, Italie). En France, on la trouve surtout en Alsace, Bourgogne et Midi Pyrénées. Dans ces régions, les niveaux de populations peuvent devenir importants lors de pullulations périodiques ou gradations. Ces dernières ne durent en général pas plus de 3 ans avant que les populations ne voient leur effectifs diminuer.
Ces fluctuations sont conditionnées par plusieurs facteurs qui agissent sur la multiplication et la survie de l’espèce. Parmi ceux-ci on trouve les parasites, les prédateurs et les maladies ou encore les gels de printemps qui peuvent détruire les jeunes pousses de chênes et réduire la quantité de nourriture disponible pour les jeunes chenilles.


LES ACTEURS POUR LUTTER CONTRE LES PROCESSIONNAIRES DU CHÊNE
Les Lépidoptères telle que la processionnaire du pin, sont la base de l’alimentation des oiseaux insectivores forestiers et représentent 50 à 70% du régime alimentaire des mésanges Nonnettes, Charbonnières et Bleues.
La prédation par les oiseaux à un effet maximum sur les stades larvaires, ce qui permet de maintenir les populations à de faibles densités.
La mise en place de nichoirs à mésanges et de gîtes à chauve-souris prend alors tout son sens dans la lutte contre la processionnaire du chêne.
INSTALLATION DE GÎTES ET NICHOIRS - RÉGULATION NATURELLE
La lutte biologique à l’aide des auxiliaires naturels de la processionnaire du chêne (oiseaux, chauve-souris…) fait partie des moyens de lutte reconnus pour réguler les populations de ce ravageur. Il est donc important de les favoriser et de les maintenir sur les zones régulièrement infestées en leur offrant des sites de nidification et de refuge.

La mésange charbonnière
Grande consommatrice de chenilles, elle se spécialise localement sur la processionnaire dans les zones infestées. Les jeunes et les adultes consomment les chenilles entières aux premiers stades larvaires. Puis, quand elles sont devenues urticantes, les mésanges leur coupent la tête et extraient le tube digestif.

La mésange nonnette
De la même taille que la mésange bleue, cette mésange sédentaire est plus présente dans les parties Nord et Est de la France. On la rencontre essentiellement dans les boisements de feuillus ou mixtes, sous-bois, parcs et jardins, vieux vergers. Elle est insectivore à la belle saison et consomme notamment des chenilles de lépidoptères.

La chauve-souris
Les chiroptères jouent également leur rôle dans la lutte biologique contre la processionnaire du chêne. Pendant l’été, elles chassent abondamment afin de nourrir leurs petits s’attaquant ainsi au papillon de la processionnaire avant sa période de ponte.
D’autres oiseaux prédateurs tels que les coucous mangent les chenilles processionnaires à leur stade urticant, lors des périodes de reproduction.
